Post by Pierre TROTIN

Teacher of Philosophy & Agricultural Engineer: 15 years teaching philosophy , graduated M2 & 27 years experienced engineer in Agro-industry/busines

PENSER, UN ACTE DE RESISTANCE ? « Que suis-je ? Une chose qui pense », nous dit Descartes. Ce 13 mars à Bethune, animant l’atelier philosophique de l’Université du Temps Libre, j’ai été frappé par l’engouement autour d'un fragment des Méditations de Descartes. Ainsi, un texte que je croyais - presque - éculé a révélé toute une puissance intacte. Récit. Depuis plusieurs semaines, les participants réfléchissaient à la question « Qui suis-je ? ». Or, en décryptant la fameuse phrase cartésienne, le débat s’est animé : 🔹 « Mais qu’est-ce qu’une chose ? » demanque qulqu'un. 🔹 « Une  Res en latin », répond autre. 🔹 « Une Res Cogitans, une chose pensante », répond encore un autre. 🔹 « Mais une chose, ça ne vit pas… alors pourquoi 'qui' et non 'quoi' ? » Ce questionnement a ravivé une prise de conscience : si nous sommes des êtres pensants, alors interdire la pensée, c’est nier notre existence même. D’où cette attaque : « Tu n’es pas payé pour penser ! » – combien d’entre nous l’ont entendu dans leur carrière ? Un ancien responsable d’entreprise, une élue, un juriste, un psychiatre… tous ont témoigné de la violence implicite de cette injonction managériale. Et que dire de cette remarque glaçante d’un participant ayant travaillé en milieu carcéral, lequel nous explique que certains détenus se mettaient en quête 'de médicaments' pour ne plus penser, tant celle-ci, dans l’enfermement, devient une torture. Cet atelier m’a confirmé une chose : la pensée ne supporte pas l’enfermement. Elle se raréfie sous la contrainte, elle se pervertit sous l’influence extérieure. Mais libre, elle éclaire, elle libère, et surtout… elle fait exister, elle existe. Et tant que nous y sommes, arrêtons-nous un instant sur l’étymologie de ce verbe : ex(s)istere, de ex- "hors de" et du latin sistere- « se tenir ». Le sens prévalant évoque alors ce qui « se dresse hors du néant ». Il s’agit ni plus ni moins de création, de nouveauté renouvelée, et c’est la pensée qui le permet. Elle nous fait émerger d'un fond indifférencié problématique, suivant l'étymologie et nombre de cournats philosophiques l'ont bien perçu. En outre avons- nous identifié que certains modes de pensées pouvaient être produits en nous, depuis l’extérieur, selon une finalité qui nous réduirait à l'état d'un agent, c’est le cas de la manipulation, contra la pensée fondée en raison, celle qui est libre, et monte depuis nos pronfondeurs., et dont nous sommes les auteurs. Aujourd’hui, à l’heure où la pensée critique est mise à mal, dans un contexte où la prise de distance est rendue compliquée par l’immédiateté et la force de frappe de la peur, il semble plus urgent que jamais de défendre cette dernière. Et vous, quelle place donnez-vous à la pensée dans votre quotidien ? #pensercompte, #philosophie, Harfaux Catherine

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