Post by Natura Mater
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Plus de 37 degrés cette semaine à Bruxelles et un triste constat : le climat évolue plus vite que la norme en architecture. Alors on est sorti prendre l'air et en discuter en équipe. En 2015, les accords de Paris fixaient l'objectif de +1.5°C par rapport au préindustriel. Dix ans plus tard, nous vivons en juin ce que les modèles de l'époque projetaient pour 2040 ou 2050. On est à +1.37°C de réchauffement et ce n'est que le début. Mais la norme ne suit pas, les pratiques ne suivent pas, et nous sommes collectivement bloqués dans une inertie paralysante face à ce qui nous attend. Nos bâtiments vont souffrir, et les occuper deviendra souvent un supplice. Alors on fait quoi ? Alors on s'assoit à l'ombre et on discute de ce à côté de quoi nous sommes collectivement passés. Comment un secteur tout entier, l'un des plus émetteurs de CO₂, a-t-il pu rester aveugle face à un phénomène largement documenté et annoncé ? La réponse est inscrite dans nos gènes : notre cerveau n'est pas câblé pour intégrer ce genre de projection. Une menace abstraite étalée sur trente ans ne déclenche pas la même décision qu'un risque immédiat. En lançant Natura Mater en 2020 pour aider le secteur à tendre vers ces objectifs, nous n'imaginions pas y être si rapidement confrontés. Mais cette semaine, la canicule rend la projection tangible, et offre une occasion rare de prendre la mesure du problème, et les décisions qui s'imposent. Les solutions existent, et elles répondent à deux questions très différentes qu'on aurait tort de mélanger. D'abord, comment tenir le coup dans nos bâtiments cet été et les suivants ? La question est légitime, car la semaine que nous vivons sera sans doute la plus fraîche du reste de nos vies. C'est d'abord une affaire de conception : albédo, isolation par l'extérieur, baies maîtrisées, masse à l'intérieur. Une paroi à forte inertie déphase une canicule sur 10 à 14 heures, contre 4 à 6 heures pour une paroi légère. Et ces principes valent quel que soit le matériau. Mais il y a une autre question, autrement plus grande : sur quelle trajectoire embarquons-nous le bâti de demain ? Parce qu'adapter ne suffit pas. Aujourd'hui, nous décidons de l'ampleur du problème auquel nous ferons face demain. Choisir la terre crue, le chanvre, le biosourcé plutôt que le béton ou l'acier, c'est la seule façon de faire pencher le bilan carbone du bon côté. C'est toute la différence entre subir et agir. Alors pourquoi ces solutions restent-elles en marge ? Pourquoi une construction en terre crue ne pourrait-elle pas entrer dans les pratiques courantes, à côté du bâtiment en béton ou en acier, certes climatisé, mais extrêmement carboné ? N'oublions pas que les bâtiments de demain sont déjà dessinés. On n'est pas là pour donner des leçons, on ne lance pas un projet comme Natura Mater pour se réjouir d'un tel constat. Il fait chaud et il fera chaud. Maintenant qu'est-ce qu'on en fait ? Natura Mater