Post by Michel Huelin
Painting, Video, Installation, 3D
8. V. Le pinceau et la souris : une circularité sans équivalent Il faut redire ce qui constitue peut-être la contribution la plus originale de Huelin à l'art de son temps : il n'a jamais quitté la peinture. Travaillant entre deux ateliers — Lausanne pour la modélisation, Genève pour la peinture —, il transpose ses images calculées en peintures par couches fines, et réinjecte inversement des matières picturales scannées dans ses compositions numériques. La série Alkyd & Pixels, montrée à Genève et Paris autour de 2010-2011, porte cette circularité jusque dans son titre. La presse spécialisée de 2006 l'avait déjà noté avec justesse : il maîtrise tous les moyens techniques à sa disposition, mais ne se laisse identifier par aucun ; la peinture, réfutée comme obsolète par d'aucuns, lui convient parfaitement lorsqu'il en ressent le besoin, partant de ses explorations virtuelles pour retrouver le geste patient de la tradition — car l'acte de créer, concluait l'article, répond à un besoin intérieur qui échappe à tout esprit de clan. Une image numérique n'est jamais une : elle résulte de couches invisibles — géométrie, textures, lumière, passes de rendu — qui trouvent leur écho exact dans la stratification que Huelin pratique depuis les années 1980. Là où tant d'artistes ont opposé la matière au calcul, il en révèle la parenté structurelle. Sa peinture est, au sens fort, une archéologie du calcul.