Post by Michel Huelin

Painting, Video, Installation, 3D

1. Michel Huelin — On n'est jamais vraiment sûr de ce que l'on regarde Avant-propos Il existe une phrase de Michel Huelin, prononcée en 1999 et rapportée par la presse parisienne, qui pourrait servir d'exergue à quarante ans de travail : « On n'est jamais vraiment sûr de ce que l'on regarde ». Un directeur de musée pourrait difficilement rêver formule plus exacte pour décrire ce que son institution a vocation à offrir au public — non pas des certitudes visuelles, mais l'expérience de leur vacillement. C'est précisément cette expérience que l'œuvre de Huelin construit, avec une patience et une rigueur qui n'ont pas d'équivalent dans l'art suisse de sa génération. Né en 1962 à Saignelégier, formé à l'École supérieure d'arts visuels de Genève dans les ateliers de Chérif et Sylvie Defraoui — où il pratique dès l'origine, simultanément, la peinture et la vidéo —, Michel Huelin appartient à cette génération qui a vu le monde des images basculer du régime analogique au régime numérique. Il est l'un des très rares à n'avoir sacrifié ni l'un ni l'autre de ces mondes, et à avoir fait de leur friction le sujet même de son œuvre. Présenter ce travail aujourd'hui, c'est présenter quatre décennies d'une seule et même question, posée avec des moyens sans cesse renouvelés : que voit-on, exactement, quand on croit voir ?