Post by Julia Duchamp-Vignal
Consultante Food - Hospitality - Foodtech @Bloch Consulting | Lifestyle - Executive Search
En 2016, j’écrivais à Christophe Michalak pour lui parler de gastronomie et de Palaces. Il m’avait répondu en 4 mots : “Peut-on le faire par téléphone ?” J’étais si impressionnée et heureuse qu’il ait pris le temps de me répondre. J’avais 20 ans. J’essayais de comprendre comment les grands chefs construisaient leur légitimité dans les institutions avant de les quitter pour bâtir les leurs. Dix ans plus tard, Michalak vient de vendre son nom. Fin avril 2026, Kresk Développement prend le contrôle total de Michalak Paris. Boutiques parisiennes, franchises japonaises, 150 collaborateurs. Le fondateur sort. À 52 ans, il parle de vélo électrique et de liberté retrouvée. Pierre Hermé avant lui : la pâtisserie française est entrée dans l’ère du capital. Ces cessions révèlent la tension d’un modèle brillant mais fragile : transformer un artisan en marque globale, incarnée par une seule personne. Je crois que les investisseurs ont compris avant tout le monde que cette équation avait un prix et une limite. La vraie question pour la prochaine génération de chefs n’est pas “comment grandir ?” La vraie question que cette séquence pose, c’est plutôt : “Est-ce que je construis une marque ou est-ce que je suis la marque ?” Parce que si c’est toi, tu ne peux pas la vendre. Tu peux seulement la céder. Mon mémoire de 2016 portait sur “La gastronomie d’exception comme levier d’attractivité des Palaces parisiens.” La question était déjà là. Elle s’est juste déplacée - des palaces vers les fonds d’investissement.