Post by IA-lerte générale

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« Vous commencez à nous enquiquiner avec votre misérabilisme… C’est pourtant simple : pour avoir des conditions de travail correctes en traduction, il suffit de viser l’excellence ! » 🎶 Ce refrain vous dit quelque chose ? Depuis sa création, le collectif IA-lerte générale est régulièrement confronté à ce discours déconnecté. ☁️ « Aide-toi et le ciel t’aidera », mais c’est bien sûr, que n’y avait-on pas pensé plus tôt ! Dans ce papier édifiant écrit par Emilio Naud pour Paperjam (lien plus bas 👇), nous apprenons que les personnes travaillant pour le Translation Centre for the Bodies of the European Union (Centre de traduction de l’Union européenne) à Luxembourg ne sont pas beaucoup mieux loties que les traductrices indépendantes, comme l’a révélé une enquête interne menée par l’Union syndicale Luxembourg (USL). En cause : « la surcharge de travail », qualifiée de « structurelle », « chronique » et « insoutenable », qui oblige à travailler à « 200 », « 500 » voire « 600 » %... Les délais « trop serrés », intenables « sans nuire à [la] santé ou à la qualité [du] travail » sont évoqués, de même que le « changement rapide vers la traduction assistée par l’IA et les outils mécaniques » et la nécessité de « toujours revérifier ce que l’IA produit en raison de ses hallucinations ». Les départs à la retraite ? Ils « ne sont souvent pas remplacés ». Après tout, pourquoi embaucher de nouvelles personnes quand on peut exploiter et détruire jusqu’à la moelle celles qui sont déjà là ? Vous nous direz : peut-être qu’il y a a minima une reconnaissance interne pour le travail fourni ? Vous n’y pensez pas ! Pourtant brandie comme un étendard de vertu parmi les « cinq valeurs fondamentales » du Centre, la reconnaissance est, comme les conditions de travail décentes, aux abonnés absents. 👉 Sans surprise, les effets de ces conditions de travail sur la santé physique et mentale sont terribles. Épuisement professionnel (« Vous vous sentez toujours à la limite de vos capacités »), fatigue « physique et psychologique », fierté professionnelle mise à mal (« Vous avez l’impression de toujours échouer, même lorsque vous faites l’impossible ») : le burn-out n’est jamais loin. « L’excellence », vous dites ? Les collègues en question ont visé l’excellence, passé avec succès un concours très sélectif - celui de l’UE. Mais convenons-en : ce tableau fait moyennement rêver. 😠 Riche d’enseignements et de données chiffrées, l’enquête de l’USL le montre bien : les difficultés et la violence que rencontrent actuellement nombre de traducteurs et traductrices sont systémiques. Alors les discours sur « l’excellence », c’est beau, mais si ça ne vous dérange pas trop, le collectif IA-lerte générale va continuer à s’intéresser à la réalité plutôt que de verser dans les incantations magiques. Oui, la réalité est triste à bien des égards. Mais triste ne veut pas dire « misérabiliste », alors en tant que traductrices et traducteurs, tâchons d’utiliser correctement les mots.

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