Post by Edgar Co-op

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Comme sortant à peine de sa chrysalide, la traductrice ou le traducteur découvre un monde à chaque nouveau texte dont il doit transformer le nectar. Mus par les exigences des temps modernes, son cerveau et ses mains ne sont jamais vraiment au repos. Pour Daniel, ce sont les « Papillons » de Schumann : les mains voltigent sur le clavier tout en grâce et en légèreté. Or, les papillons sont aussi le symbole simple et riche de la vie dans le temps : la migration, la métamorphose, les saisons. Pour traduire, il faut avoir migré plusieurs fois à travers les cultures, s’être métamorphosé en passeur de sens et remplir sa mission qu’il pleuve ou qu’il vente. Le traducteur virevolte et effleure à peine les textes par crainte de laisser des traces trop évidentes de son passage. Tout le secret est dans la discrétion et la subtilité. Il évite toujours de se laisser prendre dans les filets des solutions faciles et des clichés. C’est à ce prix qu’il conserve sa liberté de créer et de trouver de nouveaux jeux avec la langue, pour constamment surprendre son lectorat.

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