Post by Edgar Co-op

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Avez-vous déjà tenté de rapprocher la natation et la traduction? Nager, c’est épouser le courant. Traduire, c’est épouser le rythme du texte. Dans un cas, on explore les profondeurs du langage, dans l’autre, on fend la surface de l’eau. En somme, il faut entrer dans une matière qu’on ne dominera jamais tout à fait et consentir, par moments, à se laisser porter. Or, il ne suffit pas d’avancer : encore faut-il percevoir la direction du flot, respecter la profondeur, trouver la juste cadence pour ne pas sombrer. Une traduction maladroite peut vite entraîner la lectrice ou le lecteur dans un enchevêtrement de phrases qui lui fait perdre pied. À l’inverse, une belle traduction ressemble à un dos crawlé souple et assuré, qui nous fait progresser avec élégance tout en nous laissant reprendre notre souffle, le regard tourné vers les cieux. Au fond, traduire, c’est porter une voix d’une rive à l’autre, sans perdre le souffle... du texte.

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