Post by Edgar Co-op

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Aujourd’hui retraité, mon père a passé une partie de sa vie en usine, comme technicien d’usinage sur machines-outils. Face à l’irruption de l’intelligence artificielle, je sens que mon métier évolue pour ressembler un peu au sien : la machine fait le gros du travail, mais je dois tout vérifier, et corriger les petites et les grosses imperfections. Si le traducteur était auparavant un ouvrier qui démontait soigneusement un mécanisme (le texte de départ) pour ensuite en remonter les pièces une à une en les ajustant avec précision (dans la langue cible) afin qu’il fonctionne parfaitement dans son nouvel environnement, la traduction tend en effet peu à peu à devenir un travail de supervision. Mais c’est un fait incontournable : l’être humain est irremplaçable. Lui seul peut sentir ce qui cloche dans un texte quand les rouages ne s’emboîtent pas impeccablement et que tout ne tourne pas tout à fait rond. Ce matin, j’ai voulu tester la machine. J’ai donc demandé à Gemini de me proposer une métaphore pour parler de mon métier. Sa réponse : « La traduction n’est pas un miroir, c’est un pont. Idée centrale : La traduction ne consiste pas à remplacer des mots par d’autres (calque), mais à transférer une intention, une culture et une émotion d’une langue à une autre. » 10 sur 10 pour la machine! Mais vous conviendrez certainement avec moi que ce qu’elle nous a pondu, c’est encore un de ces poncifs qu’on véhicule à longueur d’année sur la traduction… On est loin du texte dont la virtuosité vous fait sauter de votre chaise! Bref, cette belle masse mystérieuse pleine de circonvolutions qui se loge dans notre crâne et travaille en permanence a encore de beaux jours devant elle!

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