Post by Dieu-Merci Manwana Sindani
PhD Researcher, Teaching Assistant & Consultant. Philosophie, intelligence artificielle, éducation, éthique, management
Aujourd'hui, mon cœur est partagé entre trois sentiments. Le premier est la joie. Parce que nous sommes réunis. Parce que nous célébrons une nouvelle édition de cette magnifique fête de l'interculturalité. Depuis plus de cinquante ans, le Centre Placet fait vivre cette conviction profonde que des personnes venues des quatre coins du monde peuvent non seulement cohabiter, mais apprendre à vivre ensemble. À une époque où les différences deviennent parfois des murs, le Centre Placet continue d'en faire des ponts. Et cela mérite d'être célébré. Le deuxième sentiment est la tristesse. Dans quelques jours... À la fin de ce mois de juin... À moins qu'un miracle ne survienne... Le Centre Placet que nous avons connu cessera d'exister sous sa forme actuelle. Le foyer disparaîtra. Avec lui, disparaîtra ce premier refuge qui, pour tant d'étudiants internationaux, représentait bien davantage qu'un logement. Il représentait le premier sourire. Le premier repas partagé. Le premier conseil. Le premier sentiment de ne plus être seul. Cette transformation résulte de la suppression des subsides destinés aux foyers parmi lesquels figure le Centre Placet. Une décision administrative prise par le Ministère belge des affaires étrangères et de la coopération au développement. Mais derrière une décision administrative se cachent toujours des histoires humaines. Des visages. Des souvenirs. Des amitiés. Des trajectoires de vie. Ce soir, nous ne faisons donc pas seulement la fête. Nous disons aussi merci. Merci à toutes celles et ceux qui, depuis plus d'un demi-siècle, ont construit cette maison de l'interculturalité. Merci aux équipes. Merci aux bénévoles. Merci aux membres du personnel. Merci aux anciens résidents. Merci à toutes les personnes qui ont cru qu'accueillir un étudiant venu d'ailleurs, c'était déjà contribuer à construire un monde plus juste. Enfin, il reste un troisième sentiment. L'espérance. Parce qu'une maison ne disparaît jamais totalement lorsque son esprit continue de vivre. Les murs peuvent changer. Les bâtiments peuvent être transformés. Mais les valeurs, elles, peuvent continuer à rassembler. J'ai l'espoir que le Centre Placet poursuivra sa mission. Qu'il continuera d'être ce lieu emblématique de l'interculturalité. Qu'il arrivera toujours à réunir autour de son projet et de ses activités les étudiants et chercheurs internationaux, peu importe où ils logent. Que cette transition permettra même d'élargir cette grande famille à tous ceux qui partagent ses valeurs. Car, au fond, le Placet n'a jamais été uniquement un lieu. Le Placet est une manière d'accueillir. Une manière de rencontrer l'autre. Une manière de construire l'humanité. Et tant que cette manière de vivre continuera d'exister... Le Placet vivra.