Post by BRGM
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Il y a du lithium et du rubidium dans la vallée du Rhin. Et ils pourraient nous aider à faire face à la dépendance chinoise. C’est ce qu’une étude publiée par nos équipes révèle. Cette étude se concentre d’ailleurs sur la présence de ces 2 métaux dans les réservoirs géothermiques. S’il y avait donc à les extraire, ce ne serait pas via une mine mais dans les eaux chaudes et salées aujourd’hui utilisées pour la géothermie. Dans le cas du Fossé rhénan, les saumures géothermales profondes sont issues d’un mélange entre d’anciennes eaux de mer – qui ont envahi la région par le passé et se sont fortement évaporées – et des eaux de pluie. Ces saumures, qui se sont ensuite infiltrées dans le sous-sol, circulent aujourd’hui dans les principaux réservoirs géothermiques gréseux (Permien, Trias) et granitiques (Carbonifère) profonds. Et c’est l’altération des micas (des minéraux contenus dans ces roches) qui semble libérer le lithium et le rubidium dans les saumures. L’explication la plus réaliste est que ces saumures géothermales, portées jusqu’à près de 225 °C, proviendraient du cœur du Fossé rhénan. Et remonteraient dans les grès et le granite, à travers un réseau complexe de failles et de fractures qui reste encore mal connu. En 1991, une de nos équipes avait estimé que les ressources en lithium étaient en moyenne de 1 million de tonnes. Mais notre nouvelle étude estime les stocks à environ 6,2 millions de tonnes. Pour vous donner un ordre d’idée, la production mondiale en 2023 était de 230 000 tonnes. En ce qui concerne le rubidium, utilisé dans des technologies avancées de niche telles que certaines cellules photovoltaïques et les horloges atomiques, les ressources du fossé rhénan sont estimées à 900 000 tonnes, alors que la production mondiale est de 8 tonnes par an. Un des points forts de cette approche repose donc sur un système d’exploitation déjà en fonctionnement : les centrales géothermiques. Avec une vingtaine de puits déjà en activité, jusqu’à 9 000 tonnes de lithium pourraient être produites par an, de quoi couvrir 25 à 50% des besoins français à l’horizon 2035. D’ici là, il reste plusieurs défis à relever, retrouvez-les dans notre article complet en lien dans les commentaires.