Post by Benoit Raphael
Becoming smarter and better informed in the face of artificial intelligence. Top 50 "B2B Thought Leaders"
Un témoignage intéressant (et glaçant) d'une "entraineuse d'IA générative". L’auteure, Johanna Knox, a travaillé 18 mois comme “tasker” pour une entreprise de data annotation qui entraîne des modèles d’IA pour des géants de la tech. → Ce sont des milliers de travailleurs précaires qui produisent, corrigent et notent les données utilisées pour “entraîner” les IA. → Ce travail humain est souvent invisible dans le discours sur “l’automatisation”. → Les “freelancers” sont traités comme des employés… sans les droits des employés : rémunération de plus en plus faible (de 40 $ à 14 $ / h), changements soudains d’instructions ou de projets, licenciements arbitraires. → Éditrice et écrivaine, docteure en philosophie, Johanna décrit un système proche du “turbocapitalisme des plateformes”. Le quotidien est rythmé par des métriques : vitesse, qualité, scores internes. → Le stress est constant : chaque minute compte, les erreurs coûtent des heures non payées. → La supervision humaine (comme “Dana”, sa manager) est bienveillante mais impuissante, prise elle aussi dans la machine (Dana sera d'ailleurs licenciée au bout de quelques mois). Knox conclut que ce n’est pas l’intelligence artificielle qu’il faut craindre, mais les milliardaires et les grandes entreprises qui l’exploitent : → Les promesses “éthiques” et “humanistes” masquent une logique d’extraction : du travail humain, des données, et des ressources naturelles. → Elle dénonce la concentration du pouvoir dans quelques mains et la manipulation du récit autour de “l’inévitabilité” de l’IA. "Si quelqu'un pense que ces entreprises ont à cœur les intérêts de l'humanité, je peux vous dire de première main que leur traitement des travailleurs (sans parler de l'environnement) montre le contraire." Des travailleurs, ONG et chercheurs commencent à documenter ces pratiques, et à réclamer une IA plus humaine et juste. L'IA peut être très utile, même si elle est parfois survendue. N'oublions pas que derrière ces "monstres aimables" se cachent des entreprises loin d'être bienveillantes. C'est aussi cela, l'esprit critique à l'heure de l'IA. Apprendre à la maîtriser, j'en suis convaincu, mais ne jamais fermer les yeux sur ses dérives. Qu'est-ce que ça vous inspire ? --- Source : https://lnkd.in/g3zqnPka