Post by Frédéric RECORDON 河 高 佟

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𝗛𝗼𝗻𝗴 𝗞𝗼𝗻𝗴 - 𝗕𝗲𝗶𝗷𝗶𝗻𝗴 Voici quatorze ans que je survole la Chine. Des centaines de vols. Beijing, Shanghai, Shenzhen, Guangzhou, Hong Kong, Macau, Nanjing, Wuxi, Harbin, Qingdao, Weihai, Guiyang, Zhuhai, Chongqing, Hangzhou. Lhassa, Xining, Taiyuan, Zhengzhou, Xi'an, Wenzhou, Lanzhou, Kashgar, Ürümqi, Kunming, Sanya, Haikou, Wuhan, Changsha, Hefei, Xiamen, Shenyang, Dalian, Dunhuang, Chengdu, Zhangye, Nanning, Shanghai à nouveau. Vu de Sirius : on croit connaître un pays qu'on ne fait qu'enjamber. Cette semaine, pour la première fois, je l'ai traversée. Hong Kong – Pékin ; huit heures et demie de train à grande vitesse, 2 400 kilomètres, et la Chine qui défile au lieu de s'effacer sous les nuages : le delta de la Rivière des Perles, les rizières du Hunan, les plateaux du Centre, la plaine du Nord, et l'arrivée au cœur de la capitale. Ce que l'on ressent au fil de la ligne ne se perçoit jamais d'en haut. Cette ligne est de l'infrastructure au sens strict : la matière dont une puissance se dote pour tenir son territoire, faire circuler ses hommes, ses biens et son autorité d'un bout à l'autre du pays. Ce que j'analyse depuis des années dans des notes et des articles, je l'ai éprouvé physiquement en une journée : la continuité d'un système. 👉 𝗣𝗿𝗶𝗻𝗰𝗶𝗽𝗲 : un territoire n'existe pleinement que lorsqu'il peut être parcouru.

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