Boisemont, Normandy, France
Gros bosseur, voire "brute de travail". Une formation technique initiale de très bon niveau appuyée sur une expérience technique pratique rare (bien que GE prépas etc, j'ai touché ma première caisse à outils à 13 ans, n'en déplaise à l'inspection du travail). Bien que bon animateur et avec de réelles (et avérées) compétences pédagogiques, je n'ai jamais supporté d'avoir à piloter des trainards ni devoir respecter les ordres de cheffaillons. Mes plus beaux succès ont toujours eu lieu lorsque les directives étaient "Je veux pas m'en occuper, tu te démerdes comme tu veux, je te fous la paix, mais si tu merdes y aura pas de cadeau "! Et j'ai donc réussi en solo, devant des situations techniques indémerdables, où il fallait tout inventer. Je crois avoir eu la chance de me frotter pendant 50 ans à une quantité et une diversité de sites et d'installations électriques, automatismes et climatiques rares. Syndrome de la "feuille blanche", je connais pas.
Bien que retraité je dois entrer dans un moule "Employeur / Employé" (alors que je suis depuis 3 à 5 ans retraité d'une prof. lib qui a duré 30 ans) on dira que je suis le patron de la SCI familiale, propriétaire de la maison que je retape (rénove réhabilite, reconçois, ...)
Les grosses ingénieries du tertiaire avaient maintenant en interne ou dans leur nébuleuse sous - traitante des gens capables de traiter la GTB. Les fabricants prenaient l'hégémonie des études amont, mon marché se raréfiait. Mais la connaissance transversale des installations et l'expérience de s'être frotté (et souvent résoudre) à un max de "co...ies" techniques étaient acquises. J'ai alors participé, très en amont le plus souvent, à la définition technique (en AMO) de sites complexes et simultanément oeuvré à de nombreux audits sur des cas où on comptait les surfaces en ha et la population avec 4 chiffres. Simultanément j'étais bien utile aux assureurs pour déceler le "vrai fautif" en cas de sinistre (même si ça "emmerdait" l'expert judiciaire et / ou les avocats).
Oeuvrer sur des gros sites tertiaires en mauvais état technique ou bien sites bancals dont la GTB est arrêtée ou délaissée, sites neufs (en construction) dont le lot GTB a été attribuée "n'importe comment". Recadrer, définir et imposer au climaticien, à l'électricien, au plombier, ... ce qu'il a à faire.et spécifier le système. Aider à la maîtrise d'oeuvre si elle ne sait pas comment s'y prendre se faire évincer car "chiant" sur le chantier et y revenir à la fin pour remédier aux erreurs pendant que j'étais ailleurs. Sous une autre forme, jouer l'électricien chez les climaticiens et GTBistes, jouer le climaticien chez les électriciens et les GTBistes, etc. en fait fourrer mon nez dans les interfaces (conceptuelles ou technologiques) et essayer d'harmoniser. C'est le sempiternel "c'est pas dans mon chantier mais dans celui d'en face" qui m'a donné du boulot mais aussi et surtout l'obligation d'une vision fonctionnelle pluridisciplinaire et non constructive et hermétique des installations techniques du gros tertiaire.
Une petite boîte, nouvel entrant dans le domaine GTB - 4 personnes, le patron avait réussi à trouver un financement par une major internationale. Il fallait se développer. Et surtout tout structurer. 2,5 ans après nous étions 10 ! Mais j'avais omis que "quand on travaille avec des anglais - la major - il y a une chose qu'on sait et une chose qu'on sait pas". Ce qu'on sait est qu'on va se faire "léser" (le terme exact a presque la même phonétique), ce qu'on ne sait pas c'est "comment on va se faire léser". Comme en plus, il y avait 2 têtes, forcément ça a pété. J'ai claqué la porte (heureusement quelques mois après les brit's rachetaient tout - évidemment j'aurais été viré).
Un domaine totalement nouveau à l'époque et un système (développé par la maison mère) aux performances fantastiques, mais très compliqué. En charge de développer l'activité à travers le réseau d'agences. Tout était à créer, pour intégrer une démarche "gros projets complexes (techniquement et commercialement) dans un réseau habitué à de la vente "catalogue / revendeurs / grossistes". Faire de la formation technique, électricité / cvc / automatismes", appui aux équipes de vente pour prescrire à tous niveaux, suivi comptable de "chantiers" à intégrer dans une comptabilité "produits étagères". Et enfin relations avec la maison mère pour de nouveaux développements techniques. Un job passionnant, 2 à 3 jours en province ou à l'étranger par semaine... Après 2 / 3 ans à ergotter, l'activité s'est envolée. Quand j'ai eu 4 à 5 ingé de bon niveau pour m'aider, il a fallu oublier le développement pour gérer les conflits, les jalousies, ésquiver les vizirs qui voulaient être Calife et enfin se protéger ou subir les stratégies internes. Alors, j'ai claqué la porte !
Décrire, spécifier les moyens de conduite de procédé de retraitement nucléaire. Ambiance des grosses ingénieries, "ne pas prendre de responsabilités,, suivre les recommandations des loobies, pas de vagues". Rythme de travail esclavagiste "9 h au boulot, 9h à 9h30 raconter sa soirée, 9h30 à 10 h café. 10 h à 11 h30 survoler un dossier, 11h30 à 14h chercher avec qui prendre le déjeuner et déjeuner, 14h à 15h prendre ses ordres. 15h à 16h 30 chercher un couillon qui remplira les formulaires techniques à ma place, 16h30 17h se préparer à rentrer à la maison. Les jours de "charrette",y avait réunion toute l'après midi (14h30 à 15h30). Après 5 ans à faire des essais, à visiter / decortiquer des stations d'oléodus / gazoduc où tu te fais "pêter la gueule" à la moindre erreur, j'ai pas supporté